L’éducation aux médias face aux défis du numérique

À l’ère de la révolution numérique et face à la prolifération des fausses informations, une éducation aux médias s’impose. Elle apparaît comme un mot d’ordre de la part des responsables politiques et dans les programmes pédagogiques. En quoi consiste-t-elle exactement ?

Le développement du numérique a bouleversé l’environnement médiatique. Les citoyens ont désormais à leur disposition une multitude de sources et de plateformes d’information : la presse écrite, la radio, la télévision et, depuis une date plus récente, internet et les réseaux sociaux. Face aux nombreuses mutations de l’information, un processus de réappropriation s’avère de plus en plus nécessaire.

Dans ce contexte, l’éducation aux médias et à l’information (EMI) vise à développer une appropriation critique des médias en milieu scolaire afin de permettre au jeune public d’en faire un usage responsable et d’en percevoir les richesses autant que les limites et les dangers. Si l’éducation aux médias a d’abord été fondée sur l’utilisation de ceux-ci comme supports pédagogiques (articles, reportages, émissions…), le foisonnement des nouveaux médias a conduit à les considérer comme des objets d’étude.

 

D’une éducation par les médias à une éducation aux médias

Dans une lettre du 28 septembre 1976 adressée à l’Inspection générale de l’instruction publique, le ministre de l’éducation nationale, René Haby(nouvelle fenêtre), écrit : « La volonté d’ouvrir l’école aux réalités du monde moderne implique d’adjoindre à l’utilisation des instruments pédagogiques traditionnels celle de la presse, qu’elle se présente sous forme écrite ou qu’elle utilise les moyens audiovisuels ». Cette lettre est suivie d’une circulaire signée le 20 octobre 1976. Ce texte fondateur préconise d’introduire à l’école la presse d’information comme support pédagogique dans les programmes des différentes disciplines, dans le strict respect par les enseignants de leur « code déontologique implicite ». Il encourage également les partenariats avec des professionnels de la presse.

Alain Savary, ministre de l’éducation nationale, crée en 1983 le centre de liaison de l’enseignement et des médias d’information (CLEMI)(nouvelle fenêtre) après avoir pris connaissance d’un rapport sur l’introduction des moyens d’information dans l’enseignement (1982). Le CLEMI forme les enseignants à inclure l’étude des médias dans leurs cours et à accompagner la réalisation de journaux scolaires, et met des ressources à leur disposition. Il institue en 1989 la Semaine de la presse et des médias dans l’école, qui a lieu chaque année depuis. En 2019, elle a mobilisé plus de 18 000 établissements scolaires, soit 4 millions d’élèves et 230 000 enseignants, en lien avec 1 810 médias partenaires.

En 2007, un rapport de l’Inspection générale brosse un tableau assez alarmant de la situation de l’éducation aux médias, « peu présente […] dans les politiques éducatives », et propose des mesures pour l’améliorer. Il précise que l’EMI doit viser en particulier la maîtrise des codes et des langages médiatiques ainsi que le développement de l’esprit critique dans une perspective citoyenne, car l’information est indissociable de son support.

La loi du 8 juillet 2013 d’orientation et de programmation pour la refondation de l’école de la République intègre l’EMI dans le socle commun de connaissances, de compétences et de culture (S4C) que tout élève doit avoir acquis à la fin de sa scolarité obligatoire.

 

La mise en œuvre de l’éducation aux médias

Au niveau européen : une directive

Le Conseil économique, social et environnemental (CESE), dans un avis de décembre 2019, constate que le sujet de l’éducation aux médias a été inscrit tardivement dans les priorités politiques de l’Union européenne. Une recommandation de la Commission européenne de 2009(nouvelle fenêtre) définit l’EMI comme la « capacité à accéder aux médias, à comprendre et apprécier, avec un sens critique, les différents aspects des médias et de leur contenu et à communiquer dans divers contextes ». La directive européenne réglementant les services de médias audiovisuels, révisée en 2018(nouvelle fenêtre), fait obligation aux États membres de développer l’éducation aux médias et de l’étendre à l’ensemble de la population. Les préconisations du CESE dans son avis précité vont dans le même sens.

 

À l’échelle française : un enjeu civique

En France, l’éducation aux médias s’est centrée sur leur rôle dans le fonctionnement de la démocratie. Il s’agit de permettre aux citoyens d’être actifs et capables de comprendre la différence entre une source sûre et une source peu sûre.

Pour le ministère de l’éducation nationale, l’éducation aux médias a pour objectif « d’apprendre aux élèves à lire, à décrypter l’information et l’image, à aiguiser leur esprit critique, à se forger une opinion, compétences essentielles pour exercer une citoyenneté éclairée et responsable en démocratie ». Elle constitue une composante du parcours citoyen de l’élève, instauré en 2015 de l’école primaire au lycée.

Devenue une préoccupation majeure du ministère, l’éducation aux médias vise l’acquisition par les élèves de trois grands types de compétences :

  • l’éducation à la citoyenneté : l’EMI développe leur esprit critique, leur enseigne la distance  intellectuelle pour mieux appréhender les contenus diffusés par les médias. Elle leur apprend les règles d’un usage réfléchi des moyens d’information et de communication, de façon à garantir leur propre protection et le respect d’autrui ;
  • une formation esthétique : ils peuvent découvrir des œuvres iconiques, cinématographiques et télévisuelles ainsi que le contexte dans lequel elles s’inscrivent, apprendre à les analyser, s’informer sur l’histoire des représentations ;
  • la maîtrise des langages : ils apprennent à décrypter les codes et à manier les différents langages médiatiques, mais aussi à produire eux-mêmes des contenus, par exemple à publier de l’information.

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ORIANE SOSSAH

Experte de la stratégie et de l’image de marque auprès des entreprises et des institutions.

Responsable de la transformation digitale au sein du Groupe Yannick Alléno. Gestion stratégique et communication digitale au sein d’hôtels du groupe Accor. Passionnée par l'art, le voyage et le lifestyle.

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THOMAS KOLBÉ

Spécialiste de la transformation digitale et des questions d’influence auprès des institutions et des grands groupes depuis 2012.

Ancien membre du Cabinet du Ministre de l'Education nationale, secrétaire général de la première association française de jeunes sur les questions de défense, de sécurité et d’engagement.

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