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Économie du numérique et pollution

   

Le numérique une industrie sans pollution ?

Le numérique bouleverse notre économie et nos manières de vivre. La crise sanitaire a accéléré la transition vers une économie numérique en mettant en exergue nos insuffisances sur la question. On peut donc légitimement se questionner sur l’impact de l’économie du numérique peut avoir en matière de pollution.

Le 14 juillet 2021, Emmanuel Macron, dans la continuité des annonces de soutien aux entreprises tout au long de la crise sanitaire, France relance. Il s’agit d’un plan de relance globale de 100 milliards d’euros. Axé sur l’écologie, la cohésion des territoires et la compétitivité. L’un des objectifs majeurs de ce plan de relance est d’améliorer la compétitivité des entreprises en les accompagnant dans leur transition numérique. 

De part l’utilisation quotidienne des nouvelles technologies, la transition numérique tend à digitaliser la vie en entreprise. Aussi bien du côté de la communication interne avec les salariés que de celui de la relation client. Cette digitalisation implique le développement d’une véritable économie du numérique. Une économie spécialisée dans la production d’appareils et d’objets connectés. 

Longtemps l’idée d’une industrie numérique propre car immatérielle a dominé les esprits. Pourtant, aujourd’hui de nombreuses études alertent sur l’ampleur de l’impact carbone du numérique

Numérique et pollution

Une économie en pleine effervescence

Formidable outil de résilience de notre société et de notre économie durant la crise sanitaire, le numérique est au cœur de la relance économique. Avec pour perspective à court terme l’accélération de la transition numérique. Et à plus long terme, l’exploitation des perspectives ouvertes par le développement de l’intelligence artificielle.

Les chiffres du secteur reflètent sa croissance continue :

  • Équipement voire sur-équipement des Français (93 % d’entre eux possédaient un téléphone mobile en 2017 ).
  • Hausse continue des usages (la consommation de données mobiles 4G augmente de près de 30 % chaque année. En particulier dû au streaming vidéo qui représente environ 60 % du trafic en France).
  • Ainsi que l’augmentation considérable des investissements dans le secteur du numérique. ( les montants investis en France par les opérateurs de communications électroniques pour déployer les réseaux fixes et mobiles, ont par exemple dépassé les 10 milliards d’euros en 2019).

Le numérique est un secteur économique majeur. Pourtant il n’est pas encore pris en compte dans les actions des politiques publiques visant à atteindre les objectifs climatiques fixés par l’Accord de Paris. En effet, il n’existe pas de stratégie transversale publique visant à atténuer les effets du numérique sur l’environnement.

L’économie du numérique : des avancées majeurs vers la transition énergétique 

Le progrès technologique a permis des avancées significatives sur le plan de la transition énergétique. Notamment sur les aspects de la dématérialisation et des technologies intelligentes

La digitalisation des entreprises permet de diminuer drastiquement le recours au papier qui est la principale source de déchets pour les entreprises aujourd’hui. À ce jour, 85% du papier utilisé provient des forêts et seulement 15% provient du recyclage ou bien d’arbres plantés en vue de cette production. Dématérialiser les différents services d’une entreprise, permet ainsi d’éviter l’utilisation d’une source d’émission de CO2. Le passage au numérique est donc une solution pour limiter la pollution.

Sur le plan des usages, la pandémie a incité les entreprises à avoir recours au télétravail, limitant ainsi les émissions liées aux déplacements des salariés. Sur le plan des technologies intelligentes, de nombreux secteurs progressent : représentant environ 19 % du total des émissions mondiales de GES, les bâtiments ont besoin d’être décarbonés et offrent un grand potentiel. Les réductions actuelles d’émissions dans les bâtiments sont facilitées par l’utilisation des technologies de communication mobiles. Elles permettent d’améliorer l’efficacité énergétique et encouragent les changements de comportement, réduisant ainsi la consommation de gaz et d’électricité. Parmi ces technologies, il y a les systèmes de gestion des bâtiments, les compteurs intelligents et les systèmes de contrôle CVC (chauffage, ventilation et climatisation).

L’efficacité de ces technologies n’est donc plus à démontrer et représente un atout pour lutter contre le réchauffement climatique et entamer une véritable transition énergétiquepour

Sobriété numérique et pollution

L’empreinte carbone du numérique reste cependant importante

De nombreux experts estiment que le déploiement du numérique donne l’impression de moins polluer parce qu’il est immatériel : « Comme cette pollution ne se voit pas, nous sommes dans le ressort de l’impensé », indiquait le président de l’Ademe (Agence de la Transition écologique) devant la commission du Sénat “Empreinte environnementale du numérique : une feuille de route pour la France” le 5 février 2020. 

Le numérique pollue notre planète en étant à l’origine de nombreuses externalités négatives. 

En 2020, il représente 4% des émissions mondiales de gaz à effet de serre (le transport aérien est lui responsable de 2% des émissions). 

La forte augmentation des usages :

  • 10 milliards de mails (0,2g de Co2/mail) échangés par heure.
  • L’explosion du streaming vidéo (300 millions de tonnes de Co2 dans le monde).

Laissent présager un doublement de cette empreinte carbone d’ici 2025. 

La pollution numérique environnementale se divise en trois catégories : 

  • La fabrication, l’acheminement et l’achat des appareils électroniques,
  • Les usages (stockage de données, envoi de mails, les requêtes internet en continu) 
  • La gestion des D3E (déchets d’équipement électriques et électroniques).
 
En France, si rien n’est fait d’ici 2040 le numérique pourrait représenter 7% des émissions de gaz à effet de serre contre 2% aujourd’hui.

La fabrication des terminaux est à l’origine de 70% de l’empreinte carbone et 40% au niveau mondial. La plupart des terminaux ne sont pas assemblés en France. 80% de l’empreinte carbone du numérique français est par conséquent émise à l’étranger. 

De plus, le déploiement de ces nouvelles solutions technologiques est bien souvent accompagné d’un effet de rebond. Autrement dit une augmentation de consommation liée à la réduction des limites à l’utilisation d’une technologie. 

Prenons l’exemple d’une application de régulation des flux permettant de fluidifier le trafic entre un point A et un point B. Face à l’efficacité de cette solution, les utilisateurs de cette application vont logiquement augmenter et utiliser plus facilement leur voiture pour se déplacer entre ce point A et ce point B.

L’effet recherché : la baisse des embouteillages sur l’axe A-B est supplanté par un effet pervers : augmentation du trafic routier sur l’axe A-B. 

Si vous souhaitez mettre en place une démarche RSE visant à réduire la pollution numérique de votre entreprise,  n’hésitez pas à réaliser un bilan carbone

Nos équipes sont disponibles, pour accompagner vos projets en vous apportant de nouveaux points de vue !

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