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Les trois dimensions du savoir à l’ère du numérique

“Doctus sum libro”

Cette locution latine signifiant “savant avec un livre”, se dit de ceux qui empruntent le savoir et les idées tirées des ouvrages et des autres pour pallier leur propre manque de réflexion personnelle.

Au delà de l’expression en elle-même, elle nous renvoie à une notion commune à tous : le savoir. 

Ce dernier n’a, en définition, pas changée depuis des siècles. Cependant, en terme de contenu et d’accessibilité, nous nous vantons de vivre un siècle où la connaissance est à portée de main, et cela grâce à internet.

L’accès illimité au savoir, nous rend-il plus savant ? Et si le numérique rendait caduque la notion de savoir ?

Le savoir représente l’ensemble des connaissances acquises par une personne par l’étude ou l’expérience. Il a souvent été considéré comme la raison du succès, de la réussite d’une personne. Un des pouvoirs du numérique est de permettre à chacun d’avoir accès à une très grande quantité de “savoir”. De plus, depuis le développement des outils numériques, la technologie ne cesse d’évoluer, et l’intelligence artificielle est aujourd’hui au coeur des débats.

Ainsi, qu’en est-il du savoir à l’ère du numérique ? Peut-on encore considérer que le savoir individuel est la clé de notre réussite, telle une compétence clé, à l’heure où internet et les machines possèdent ce savoir. Doit-on encore “savoir” alors que notre smartphone sait déjà tout,  depuis notre poche ? 

Pour y répondre, cet article a vocation à dresser un état des lieux des apports du digital au savoir. 

Le savoir & le digital 

Rappelons que le digital se matérialise sous la forme d’outils, les fameux outils digitaux. Une définition donnée par le Larousse du mot “outil” est la suivante : “élément d’une activité qui n’est qu’un moyen, un instrument”. Cette définition nous donne une vue très claire de ce que représente le digital.

Un outil n’a pour seule utilité que de permettre à son utilisateur de réaliser une tâche qui lui sera plus difficile, voir impossible de faire sans. Plus l’outil est avancé plus cette définition est difficile à percevoir. Pour autant, il n’en reste que l’outil est inutile en lui même si son utilisateur n’a pas développé un savoir en amont de son utilisation. Concrètement, on n’utilise pas un outil sans avoir appris à s’en servir. Ainsi, le digital nécessite que chaque personne soit formé à son utilisation. Le savoir n’est donc absolument pas en opposition au digital mais au contraire, il est indispensable.

De plus, nous pouvons noter une relation d’interdépendance entre le savoir et le digital. En effet, pour maîtriser le digital, il est nécessaire de développer un savoir relatif à son utilisation, mais une fois que nous sommes en mesure de l’utiliser correctement, le digital offre la possibilité d’avoir accès à plus de savoir. Ces nouveaux savoirs permettent eux-même de mieux tirer partie du digital ou de le maîtriser assez pour créer de nouveaux outils.

Ces deux éléments, la nécessité d’acquérir du savoir pour utiliser le digital d’une part, et la relation d’interdépendance entre le savoir et le digital d’autre part, nous amène précisément à la conclusion que le savoir reste indispensable à l’ère du digital.

Néanmoins, le savoir pur n’est qu’une partie de ce que signifie “savoir”. Les notions de savoir-faire et de savoir-être sont elles aussi indissociables du savoir. Alors, qu’en est-il face au digital ?

Le savoir-faire & le digital 

Pour ce qui est du savoir-faire, nous défendrons ici deux idées. 

La première : les outils digitaux servent à optimiser le savoir-faire de celui qui les utilise, en aucun cas ils ne permettent de faire une croix sur le savoir-faire. Afin d’illustrer cette idée, prenons l’exemple des outils du marketing digital :  ils sont nombreux à aider les utilisateurs dans leurs campagnes de marketing digital afin de toucher davantage de cibles. Pour autant, aucun outil ne peut, par lui-même, proposer un contenu adapté à la cible, générer des leads et ainsi faire progresser le nombre d’opportunités de ventes. Cela ne peut être le résultat que d’une personne formée, ayant pu développer des savoir-faire.  

En effet, la méthodologie employée, l’instinct d’une personne formée et rompue à l’exercice, la capacité à se mettre à la place de la cible pour mieux la comprendre, sont des exemples de savoir-faire pouvant expliquer le succès d’une campagne. Et si ils sont correctement mis en oeuvre, l’outil utilisé, du moment qu’il n’est pas contre-productif de l’utiliser, ne changera que peu la réussite de la campagne marketing. En cela, le savoir-faire est propre à l’homme.

Finalement, tout comme un marteau est inutile en lui-même et ne devient intéressant que lorsqu’il est placé dans la main d’une personne formée à son utilisation, les outils digitaux ne dérogent pas à la règle. Le savoir-faire garde ainsi son importance et reste propre à l’homme.

Deuxièmement : le savoir-faire est amené à être de plus en plus valorisé concernant le digital. En effet, les outils digitaux, même s’ils ne remplacent pas l’expertise d’un collaborateur qualifié dans son domaine, permettent indiscutablement de simplifier voir d’automatiser une partie de ses activités.

En cela, ils rendent les activités en ligne légèrement plus accessibles, ainsi il y a 20 ans, seule une partie très limitée de la population aurait eu accès à un réseau international pour faire la publicité d’un produit. Aujourd’hui, les réseaux sociaux se sont tous doté de leurs propres outils de programmateur de publicité. Ainsi, n’importe quelle personne peut y faire de la publicité.

Pour autant, la différence entre les annonceurs est surement plus accrue aujourd’hui qu’il y a vingt ans où seules les personnes du métier y avait accès. En effet, les notions de ciblage et de rédaction des annonces nécessitent de réelles compétences et la différence de résultats entre ceux qui ont un savoir-faire et ceux qui en ont moins est flagrante. 

Ainsi, plus les outils digitaux se développeront, plus un réel savoir-faire sera valorisé.

 

Le savoir-être & le digital

À l’ère du digital, les soft-skills et la personnalité restent primordiales. Peut-être prennent-ils une importance grandissante afin de contrebalancer des méthodes de travail de plus en plus digital. Hyper Island à réalisé une enquête auprès de chefs d’entreprises afin de comprendre ce que ces derniers cherchaient chez un candidat lorsqu’ils souhaitaient procéder à une nouvelle embauche.  Les résultats sont sans appel : pour 78% d’entre eux, la personnalité du candidat occupe une place prépondérante dans le choix de sélectionner ou non un candidat. Aussi, pour 53% des personnes interrogées, l’adéquation du candidat à la culture d’entreprise est primordiale.

En résumé, dans un monde qui se digitalise de plus en plus, les qualités relationnelles humaines seront d’autant plus valorisées. Bien loin des outils digitaux, ce sont les personnalités et distinctives, les états d’esprit uniques, qui feront la différence. 

Conclusion

Il est important de se rapprocher de la racine du mot “digital” pour en mieux le comprendre. Digital venant du latin “digitalis”, le doigt, son sens est directement en lien avec les outils, le doigt étant souvent le lien entre l’objet et l’homme qui s’en sert. Et si le digital n’était en fait qu’un outil comme les autres ?

En effet, le savoir, lui, sera toujours le propre de l’homme. Et comme nous l’avons démontré au long de cet article, le digital n’est utile à l’homme que ci celui-ci à le savoir nécessaire pour tirer les bénéfices de ce formidable outil.

Le savoir et le digital sont donc indispensables l’un à l’autre. En effet, la combinaison du savoir pur et de l’expérience, permise par l’utilisation de l’outil, permet de faire émerger la compétence. 

C’est de cette compétence, amenée par l’association du savoir et du digital, que vient la capacité à s’adapter à toutes les situations. Celle-ci est aujourd’hui indispensable à chacun et les évolutions de la société s’accélèrent continuellement, les métiers évoluent sans cesse et sont amenés à continuer cette dynamique. Ainsi, cette adaptabilité représente une clé pour tous.

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