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Comment réconcilier transition digitale et transition écologique ?

Selon le GeSI Global Sustainability Initiative, “ les émissions évitées via l’utilisation des technologies de l’information et de la communication sont près de dix fois plus importantes que celles générées par son déploiement”.

Un tel bilan est à relativiser. Il existe peu de données précises sur les quantités d’émissions évitées et sur celles que génèrent ces technologies. Il est difficile de quantifier aujourd’hui ce que représentera la pollution du numérique dans 5, 10 ou 20 ans tant les progrès sont rapides.

La véritable problématique réside plutôt dans notre aptitude à identifier et marginaliser les sources de pollution et ainsi réconcilier transition digitale et transition écologique.
Si produire et utiliser nos objets connectés sans polluer la planète semble utopique, décarboner en partie la chaîne de production ou utiliser le digital avec plus de sobriété sont des axes de progression pertinents.

Une prise de conscience sur cette pollution est nécessaire 

Une prise de conscience est nécessaire afin de responsabiliser les utilisateurs et les acteurs du numérique : il faut sensibiliser aussi bien les utilisateurs que les acteurs, en responsabilisant leurs comportements.
Une commission du Sénat sur l’aménagement du territoire et le développement durable a été créée dans ce sens.

Elle préconise de mettre à disposition du public une base de données permettant aux professionnels de calculer simplement les impacts environnementaux de leurs terminaux et de leurs principaux usages numériques.
Elle recommande aussi la création d’un observatoire de recherche des impacts environnementaux du numérique placé auprès de l’Ademe (Agence de la transition écologique) pour étudier les effets des technologies émergentes et analyser le bilan carbone net de certains usages numériques.

Pour les acteurs privés, la commission prévoit de demander d’inscrire l’impact environnemental du numérique dans le bilan RSE des entreprises et créer un crédit d’impôt pour les PME et TPE pour la réalisation de mesures d’impact environnemental des services numériques.
Concernant les acteurs publics, elle recommande de construire un cadre méthodologique d’évaluation environnementale des projets smart et de le mettre à disposition des collectivités territoriales.

Des recommandations ciblées sur la production, la conception et les usages des outils numériques

Sur le plan de la production des terminaux, la fiscalité est une arme très efficace. La commission préconise de taxer les externalités négatives liées à la fabrication des terminaux.

Aussi, lutter contre l’obsolescence programmée et l’obsolescence logicielle doit être une priorité quand on sait que la durée de vie actuelle d’un smartphone est de 23 mois. Il faut inciter les entreprises à réparer les terminaux : par exemple via un taux de TVA réduit sur la réparation de terminaux et l’acquisition d’objets électroniques reconditionnés.

Sur le plan des usages, l’objectif est de limiter l’impact des vidéos et d’encadrer les usages vidéo en responsabilisant les grands acteurs de la vidéo et en adaptant la qualité de la vidéo téléchargée à la résolution maximale du terminal. La commission suggère d’introduire une taxe prélevée sur les plus gros émetteurs de données et d’interdire les forfaits mobiles avec un accès aux données illimitées.

  • L’éco-conception

L’éco-conception des sites internet est une nécessité pour limiter l’impact carbone du numérique. La commission souhaite mieux accompagner, à court-terme, les administrations dans l’éco-conception des sites et services numériques. Elle cherche également à rendre obligatoire à moyen terme l’éco-conception des sites publics et des plus grands sites privés, avec un pouvoir de sanction de l’Arcep (L’Autorité de régulation des communications électroniques, des postes et de la distribution de la presse).

Par ailleurs, de nombreux acteurs de la vidéo en ligne (Youtube, Tiktok, Facebook, Instagram) utilisent des stratégies cognitives pour accroître les usages. La commission suggère de permettre une régulation de l’attention, pour que les fournisseurs de contenus soient plus transparents sur la stratégie cognitives utilisée (scroll infini, lancement automatique des vidéos).

Enfin, il faut savoir que les data centers sont responsables de 14 % de l’empreinte carbone du numérique en France. Leur bilan carbone pourrait augmenter de 86 % d’ici 2040. La commission considère comme une priorité absolue le fait d’améliorer la performance énergétique des data centers et d’améliorer plus encore la sobriété des réseaux (responsable de 5% de l’empreinte carbone du numérique en France).

Si vous souhaitez mettre en place une stratégie digitale,  n’hésitez pas à faire appel à nos équipes !

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